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Pensées du Professeur Lejeune extraites de ses conférences

 

1 -

La génétique humaine se résume à un credo élémentaire qui est celui-ci :

Au commencement il y a un message, ce message est dans la vie, ce message est la vie. Et si ce message est un message humain, alors cette vie est une vie humaine.



2 -

La vie a une très longue histoire mais chacun de nous a un début très précis, le moment de la conception.



3 -

A l’âge réel d’un mois, l’être humain mesure 4 millimètres et demi. Son cœur minuscule bat déjà depuis une semaine, ses bras, ses jambes, sa tête, son cerveau sont déjà ébauchés. A deux mois d’âge, il mesure de la tête à la pointe des fesses quelques 3 centimètres. Il tiendrait replié dans une coquille de noix. A l’intérieur d’un poing fermé, il serait invisible, et ce poing fermé l’écraserait par mégarde sans qu’on s’en aperçoive. Mais ouvrez votre main, il est quasiment terminé, mains, pieds, tête, organes, cerveau, tout est en place et ne fera plus que grossir. Regardez de plus près encore, avec un microscope ordinaire, et vous déchiffreriez ses empreintes digitales. Tout est là pour établir dès maintenant sa carte d’identité nationale.



4 -

 La médecine, c’est la haine de la maladie et l’amour du malade.



5 -

Nous voyons réapparaître ce contresens absolu de vouloir vaincre la maladie en supprimant le malade ! Il faudrait un Molière pour ridiculiser ces gens qui discutent gravement autour d’un malade. « Quel est cet impertinent qui ne se laisse pas guérir, qui ose résister à notre art ? Supprimons-le ! » La médecine devient folle si elle s’attaque au patient au lieu de lutter contre la maladie. Le patient, il faut être toujours de son côté, toujours.



6 -

Lorsque les parents sont inquiets face à un enfant malade, nous n’avons pas le droit de les faire attendre, même pas une nuit, si on peut faire autrement.


7 -

Ou bien nous les guérirons de leur innocence, ou bien ce sera le massacre des innocents.



8 -

Je n’ai plus qu’une solution pour les sauver, c’est de les guérir. La tâche est immense, mais l’Espérance aussi.



9 -

Nous trouverons. Il est impossible que nous ne trouvions pas. C’est un effort intellectuel beaucoup moins difficile que d’envoyer un homme sur la Lune.



10 -

La supériorité absolue, la complète nouveauté de l’homme, c’est d’être la seule créature capable d’éprouver une sorte de connivence entre les lois de la nature et son sentiment d’exister. La faculté d’admirer n’existe que chez l’Homme ; de mémoire de jardinier on n’a jamais vu un chien humer l’arôme d’une rose. Jamais un chimpanzé n’a contemplé le coucher du soleil ou la splendeur du ciel étoilé.



11 -

Dans les universités, j’ai toujours vu des gens extrêmement savants faire des congrès pour se demander en hochant la tête si leurs enfants, quand ils étaient très jeunes, n’étaient pas des sortes d’animaux ; mais dans les jardins zoologiques je n’ai jamais observé des congrès de chimpanzés se demandant si leurs enfants, quand ils seraient grands, ne deviendraient pas des universitaires !



12 -

Ce n’est pas la médecine qu‘il faut redouter, mais la folie des hommes. Notre pouvoir de modifier la nature en utilisant ses lois s’accroît chaque jour de l’expérience de ceux qui nous précédés. Mais utiliser ce pouvoir avec sagesse, voilà ce que chaque génération doit apprendre à son tour. Certes, nous sommes aujourd’hui plus puissants qu’autrefois, mais pas mieux avisés : la technologie est cumulative, la sagesse ne l’est pas.



13 -

La fécondation extracorporelle, qui est faire l’enfant sans faire l’amour, et l’avortement, qui est défaire l’enfant, se trouvent à des degrés divers incompatibles avec la morale naturelle.


14 -

Dans les démocraties modernes, qui ne font plus référence à une loi morale supérieure, le devoir intrinsèque du citoyen honnête est d’envisager de faire passer dans les lois ce qu’il croit, lui, être le mieux pour la société : c’est le seul devoir qui lui incombe et la seule liberté qu’il lui reste.



15 -

On entend dire : « les maladies génétiques coûtent cher. Si l’on excluait très tôt ces sujets, on ferait des économies énormes. » Il faut reconnaître que les maladies coûtent cher, en souffrance individuelle, comme en charge pour la société. Et je ne parle pas des souffrances des parents ! Mais ce prix, nous pouvons l’évaluer : C’est exactement celui qu’une société doit payer pour rester pleinement humaine.



16 -

Les adversaires de la vie savent que si l’on veut détruire la civilisation chrétienne, il faut d’abord détruire la famille, dans ce qu’elle a de plus faible, c’est-à-dire l’enfant. Et parmi les plus faibles il faut choisir le moins protégé, celui que personne n’a vu, celui que personne ne connaît et n’aime encore, au sens habituel du terme, celui qui n’a même pas encore vu la lumière, celui qui ne peut même pas encore crier sa détresse.



17 -

Il faut dire clairement les choses, la qualité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres. Il n’y a pas d’autres critères de jugement.



18 -

Pour ne pas passionner le débat, je remonterai beaucoup plus loin et je citerai les Spartiates, qui furent les seuls à éliminer à la naissance les enfants qu’ils estimaient incapables de porter les armes ou d’engendrer de futurs soldats. Sparte fut la seule cité grecque à pratiquer un tel eugénisme, une exclusion aussi systématique. Or de Sparte il ne reste rien. Elle ne nous a laissé ni un poète, ni un musicien, pas même une ruine ! Sparte est la seule cité grecque qui n’a rien apporté à l’humanité ! Est-ce fortuit ou directement lié ? Les généticiens se posent la question : sont-ils devenus stupides parce qu’en tuant leurs petits qui n’étaient pas beaux ils ont tués leurs futurs penseurs, leurs futurs artistes ?



19 -

Les initiales IVG ont une signification terrible : Interruption d’une Vie Gênante. Et l’âge n’y fait rien. Les vieillards sont aussi menacés que les plus jeunes.



20 -

La constitution génétique de l’homme est achevée dès la fécondation, et j’ajouterai qu’aucun scientifique n’en doute. Ce dont certains voudraient discuter, c’est du respect que l’on doit à un individu en fonction de son degré de développement. Un être qui mesure un centimètre de long est-il respectable ? S’il en mesure cinquante, devient-il vingt-cinq fois plus respectable que le précédent ? Les gens qui comptent en années et kilogrammes le respect qu’ils doivent à une personne ne sont pas animés de bonnes intentions.



21 -

Nous en appelons à tous les hommes de bonne volonté pour que la protection de la santé soit fondée sur une spiritualité renouvelée : chaque malade est mon frère.

 

 

 

Ecouter Jérôme Lejeune : Les débuts de la vie, (version française, anglaise, italienne)

 

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